La mauvaise influence !

2:21 pm, by durecommelabanalite
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La démocratie dans ses fondements, c’est la dérégulation de la société organisée en ordres, castes; donc de systèmes qu’on a appelés castiques, monarchiques, oligarchiques et consort, pour laisser place à une domination du peuple par lui même. C’est le passage de l’un ou du petit groupe qui décide pour l’ensemble, au tout qui choisit pour la collectivité.
L’imperméabilité de la structure sociale ainsi dissoute, une nouvelle dynamique de la hiérarchie apparait. Chacun à théoriquement sa chance, à droit à une progression, au lieu de rester figé, par exemple dans l’ordre des serfs ou des seigneurs. Cette souplesse démocratique, va venir à son tour s’encrer dans une souplesse du vote, des possibilités de vote, ainsi qu’une légitimation de ces droits et de leur axait, constituée par le vote représentatif, pour justement ne pas retourner à une forme de société d’ordre.
L’individu au travers du vote, devient acteur de sa réalité étatique, juridique, sociale etc. En somme l’individu emprunt dans une société démocratique, est un individu collectif, qui en votant , choisit la forme de réalité qu’il souhaite voir appliqué, et donc choisit dans quelle mode la société doit se constituer, vers qu’elle tendance elle doit pencher. Et c’est la corrélation de tout ces votes qui va définir le mouvement de la balance. Le cheminement peut rester le même; ou au contraire faire changer radicalement le mode d’action sur le réel, pouvant aller jusqu’à la réforme de ses fondement. L’ensemble des votes sont comme les coups de marteau, de burin du sculpteur , qui vont dans leur association, former selon la volonté, l’apparence d’un bloc de matière dans son état de nature.
Mais si c’est le corps social, qui détermine lui même la tendance de l’approche étatique du réel, cette approche nous donne à le penser. Le fait qu’on tende verte cette forme et non une autre; que certaine souhaite cette forme et d’autre celle ci; indique les mouvances, l’évolution de ces dernières, mais aussi en même temps leur hiérarchie; car finit par légiférer celle qui quantitativement est la plus forte.
De même l’état dit «pathologique» du non vote, est révélateur d’une certaine condition, d’un état atypique de la démocratie. Cet état est plus révélateur d’une inactualité et un décalage, entre les possibilités de représentation, que d’un désintérêt, certes réel, pour la chose publique. Car si les individus ne trouve pas un secteur représentatif, correspondant à leurs attentes, l’abstention parait être une manifestation, un indicateur de ce malaise démocratique.
Cependant un état démocratique, par son système de vote représentatif, donc de définition de la tendance de la société par elle même, est comme une œuvre en  perpétuelle recommencement, avancée, construction, destruction, reconstruction. Car chaque vote, va permettre de remettre à jour, la tendance de la société; de corréler à nouveau le mouvement sociétal, avec la volonté du corps social.  Et ainsi la politique, la législation et la structuration de celle ci doivent tendres vers la possibilité d’une plus grand flexibilité, pour arriver à une actualité proche de la réalité de la population, elle même en permanente évolution.
La société dans son mode démocratique, n’est strictement rien de statique ou monolithique, mais au contraire une œuvre permanente et infini, modulée par une population en perpétuelle renouvellement, changement, qui au travers du vote de ses représentants, choisie la tendance de ce monument commun. Et donc les pouvoirs cherchant à diminuer ces possibilités, sont par leur mode d’action et de constitution antidémocratique, car ralentissant l’évolution sociétale.

La démocratie dans ses fondements, c’est la dérégulation de la société organisée en ordres, castes; donc de systèmes qu’on a appelés castiques, monarchiques, oligarchiques et consort, pour laisser place à une domination du peuple par lui même. C’est le passage de l’un ou du petit groupe qui décide pour l’ensemble, au tout qui choisit pour la collectivité.

L’imperméabilité de la structure sociale ainsi dissoute, une nouvelle dynamique de la hiérarchie apparait. Chacun à théoriquement sa chance, à droit à une progression, au lieu de rester figé, par exemple dans l’ordre des serfs ou des seigneurs. Cette souplesse démocratique, va venir à son tour s’encrer dans une souplesse du vote, des possibilités de vote, ainsi qu’une légitimation de ces droits et de leur axait, constituée par le vote représentatif, pour justement ne pas retourner à une forme de société d’ordre.

L’individu au travers du vote, devient acteur de sa réalité étatique, juridique, sociale etc. En somme l’individu emprunt dans une société démocratique, est un individu collectif, qui en votant , choisit la forme de réalité qu’il souhaite voir appliqué, et donc choisit dans quelle mode la société doit se constituer, vers qu’elle tendance elle doit pencher. Et c’est la corrélation de tout ces votes qui va définir le mouvement de la balance. Le cheminement peut rester le même; ou au contraire faire changer radicalement le mode d’action sur le réel, pouvant aller jusqu’à la réforme de ses fondement. L’ensemble des votes sont comme les coups de marteau, de burin du sculpteur , qui vont dans leur association, former selon la volonté, l’apparence d’un bloc de matière dans son état de nature.

Mais si c’est le corps social, qui détermine lui même la tendance de l’approche étatique du réel, cette approche nous donne à le penser. Le fait qu’on tende verte cette forme et non une autre; que certaine souhaite cette forme et d’autre celle ci; indique les mouvances, l’évolution de ces dernières, mais aussi en même temps leur hiérarchie; car finit par légiférer celle qui quantitativement est la plus forte.

De même l’état dit «pathologique» du non vote, est révélateur d’une certaine condition, d’un état atypique de la démocratie. Cet état est plus révélateur d’une inactualité et un décalage, entre les possibilités de représentation, que d’un désintérêt, certes réel, pour la chose publique. Car si les individus ne trouve pas un secteur représentatif, correspondant à leurs attentes, l’abstention parait être une manifestation, un indicateur de ce malaise démocratique.

Cependant un état démocratique, par son système de vote représentatif, donc de définition de la tendance de la société par elle même, est comme une œuvre en  perpétuelle recommencement, avancée, construction, destruction, reconstruction. Car chaque vote, va permettre de remettre à jour, la tendance de la société; de corréler à nouveau le mouvement sociétal, avec la volonté du corps social.  Et ainsi la politique, la législation et la structuration de celle ci doivent tendres vers la possibilité d’une plus grand flexibilité, pour arriver à une actualité proche de la réalité de la population, elle même en permanente évolution.

La société dans son mode démocratique, n’est strictement rien de statique ou monolithique, mais au contraire une œuvre permanente et infini, modulée par une population en perpétuelle renouvellement, changement, qui au travers du vote de ses représentants, choisie la tendance de ce monument commun. Et donc les pouvoirs cherchant à diminuer ces possibilités, sont par leur mode d’action et de constitution antidémocratique, car ralentissant l’évolution sociétale.

8:12 pm, by durecommelabanalite
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Sunn o))) c’est la culture contre elle même. L’absence de rythmes nettement perceptibles, au travers des quelles les sons viennent se superposer, dans un enchainement d’une lourdeur et lenteur apocalyptique, créant une atmosphère tout au long de l’expérience sonore. Elle se complexifie, se construit, déconstruit, reconstruit dans une enchainement d’une harmonie nouvelle, ne se rattachant à aucune norme musicale encore admise. Les sonorités ici créés sont d’une innovation radicale de par leur lourdeur, leur durée, leur harmonie et définition propre. Et c’est ainsi que cette expérience artistique élargie notre champ de sensibilité auditive, et en somme nous donne à écouter, et penser la musique différemment.
Face à ce mur sonore c’est à nous de nous détachez de nos habitudes musicales, autant au niveau du rythme, de la structure du morceau, que de la gamme de sons, de notes que nous admettons. Car ici les sons sont dans leur totalité sonore, ont le temps de laisser place à leur amplitude propre, au travers de la quelle elles se révèlent d’une nature nouvelle.
Mais le paradoxe c’est que malgré une mise entre parenthèse des habitudes musicales culturelles, la révolution artistique de Sunn o))) reste encrée dans la culture. Car la création musicale reste effectuée au travers d’amplificateurs, de guitares, de basses, de microphones et consort, qui restent des outils d’art musical commun à notre époque culturelle. Et ainsi la subversion, si je puis utiliser ce terme, musicale de Sunn o))) c’est que comme dit au début, c’est la culture contre elle même, c’est cette intériorisation des normes artistiques culturelles, qui une fois assimilées, sont retournées et détruites, pour ouvrir un nouveau champ d’action artistique. 
Et ce mouvement de création de nouvelles normes esthétiques, en réformant les anciennes, c’est le cheminement permanent de l’art, qui ainsi constitue une avancée absente de finalité, en permanente reconstruction. Les mouvements et courants se créent, marquent une étape dans leur art respectif, et viens le temps de la fin de leur règne, pour laisser place à l’avant-garde, qui si il arrive à générer une aura puissante et subversive, deviendra la nouvelle norme, constituera la référence.

Sunn o))) c’est la culture contre elle même. L’absence de rythmes nettement perceptibles, au travers des quelles les sons viennent se superposer, dans un enchainement d’une lourdeur et lenteur apocalyptique, créant une atmosphère tout au long de l’expérience sonore. Elle se complexifie, se construit, déconstruit, reconstruit dans une enchainement d’une harmonie nouvelle, ne se rattachant à aucune norme musicale encore admise. Les sonorités ici créés sont d’une innovation radicale de par leur lourdeur, leur durée, leur harmonie et définition propre. Et c’est ainsi que cette expérience artistique élargie notre champ de sensibilité auditive, et en somme nous donne à écouter, et penser la musique différemment.

Face à ce mur sonore c’est à nous de nous détachez de nos habitudes musicales, autant au niveau du rythme, de la structure du morceau, que de la gamme de sons, de notes que nous admettons. Car ici les sons sont dans leur totalité sonore, ont le temps de laisser place à leur amplitude propre, au travers de la quelle elles se révèlent d’une nature nouvelle.

Mais le paradoxe c’est que malgré une mise entre parenthèse des habitudes musicales culturelles, la révolution artistique de Sunn o))) reste encrée dans la culture. Car la création musicale reste effectuée au travers d’amplificateurs, de guitares, de basses, de microphones et consort, qui restent des outils d’art musical commun à notre époque culturelle. Et ainsi la subversion, si je puis utiliser ce terme, musicale de Sunn o))) c’est que comme dit au début, c’est la culture contre elle même, c’est cette intériorisation des normes artistiques culturelles, qui une fois assimilées, sont retournées et détruites, pour ouvrir un nouveau champ d’action artistique. 

Et ce mouvement de création de nouvelles normes esthétiques, en réformant les anciennes, c’est le cheminement permanent de l’art, qui ainsi constitue une avancée absente de finalité, en permanente reconstruction. Les mouvements et courants se créent, marquent une étape dans leur art respectif, et viens le temps de la fin de leur règne, pour laisser place à l’avant-garde, qui si il arrive à générer une aura puissante et subversive, deviendra la nouvelle norme, constituera la référence.

6:27 pm, by durecommelabanalite
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12:39 am, by durecommelabanalite
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“On m’avait trompé, seul le règne de ma méchanceté était sans fissure, on m’avait trompé, la vérité est carrée, lourde, dense, elle ne supporte pas la nuance, le bien est une rêverie, un projet sans cesse remis et poursuivi d’un effort exténuant, une limite qu’on n’atteint jamais, son règne est impossible. Seul le mal peut aller jusqu’à ses limites et régner absolument, c’est lui qu’il faut servir pour installer son royaume visible, ensuite on avisera, ensuite qu’est-ce que ça veut dire, seul le mal est présent, à bas l’Europe, la raison, et l’honneur et la croix.”
Albert Camus, Le renégat.

“On m’avait trompé, seul le règne de ma méchanceté était sans fissure, on m’avait trompé, la vérité est carrée, lourde, dense, elle ne supporte pas la nuance, le bien est une rêverie, un projet sans cesse remis et poursuivi d’un effort exténuant, une limite qu’on n’atteint jamais, son règne est impossible. Seul le mal peut aller jusqu’à ses limites et régner absolument, c’est lui qu’il faut servir pour installer son royaume visible, ensuite on avisera, ensuite qu’est-ce que ça veut dire, seul le mal est présent, à bas l’Europe, la raison, et l’honneur et la croix.”

Albert Camus, Le renégat.

9:15 pm, by durecommelabanalite
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“Il suffit que nous bouchions nos oreilles au son de la musique, dans un salon où l’on danse, pour que les danseurs nous paraissent aussitôt ridicules.”

Henri Bergson, Le rire.

8:46 pm, by durecommelabanalite
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1:46 am, by durecommelabanalite
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«Simplicité de forme ne signifie pas nécessairement simplicité de l’expérience.»
    Ce Twelfth Station de Barnett Newman correspond bien à cette phrase de Robert Morris. Quoi de plus simple que ces deux aplats rectangulaires de noir, ces deux lignes verticales blanches, et à droite, cette parcelle de noir irrégulière qui tranche avec la rigueur quasi mathématique énoncée au début ? Mais n’allons pas trop vite! et regardons le tout d’un peu plus près.
    D’abord on va s’intéresser aux composantes géométriques -soit les deux rectangles noirs et les deux lignes blanches- qui représentent les deux tiers gauche du tableau. Cet ensemble est si l’on veut la partie théorique, dans la mesure où il est perfectionné par l’abstraction (entendu comme simplification) mathématique, géométrique. Ainsi ces formes que nous étudions sont purs phénomènes culturels; car en tant que tel il n’existe pas dans la nature aculturelle du monde, de ligne, de rectangle, de carré etc … définit comme parfait. Ce phénomène de forme parfaite est propre à l’homme. De plus les couleurs ici utilisées ne sont pas anodines. Dans les représentations les plus courantes, le noir et le blanc sont considérés comme les couleurs les plus antithétiques, car le premier est pensé comme l’absence de couleur totale, de par le fait qu’il les absorbe toutes; tandis que le deuxième apparait comme la prémisse de toute couleur, comme si toutes venaient se poser sur lui. En somme le blanc est le début, l’alpha de toute couleur, et le noir est la fin, l’omega de chacune d’entre-elles.
    Par ailleurs les formes sont représentées, dans un mode beaucoup plus fondamental que celui que crée l’œil humain. Les sens de l’homme, sont un ensemble inhérent à son être, formant un système, qui a pour but d’amener vers sa conscience des données sensibles, au travers de la perception de celle-ci. De plus une perception est toujours perception de quelque chose, c’est l’intentionnalité comme dirait Husserl. Ainsi l’œil, grâce à la vue, va devenir l’intermédiaire entre ma conscience et le monde visible qui m’est extérieur, mais que je vais intérioriser suite à la perception de celui-ci. Mais la réalité propre de la perception humain du monde est atypique, de par le fait que mon intermédiaire -l’œil- entre lui et ma conscience est compris en lui. C’est l’œil qui va se déplacer, et va permettre à ma conscience de diviser le tout du monde, pour le reconstruire comme un tout fait d’objets distincts et donc de créer l’espace, à partir du point de référence que mon Moi, en se rendant compte de sa place en lui, constitue. En somme, j’ai la perception des trois dimensions de l’espace -hauteur, largeur, profondeur-, au travers de l’œil qui l’offre à ma conscience. Mais la profondeur, sans point de vue, repère spatiale depuis le-quel on regarde, n’existe pas. De plus, si il n’y a pas de profondeur, hauteur et largeur sont inexistants. Du coup l’espace indépendamment de l’homme n’existe pas. Par exemple un cube que je perçois de biais face à moi, est dans l’espace de mon intentionnalité de biais, mais réellement, il est dans la totalité de son être dans le tout du monde, et non dans un mode de la perception.
    Mais justement la représentation des formes géométriques, sur l’aplat de la partie du tableau que nous étudions, nous force à avoir un regard absent d’espace tridimensionnel -donc proprement humain-, dans la mesure où aucune perspective n’est palpable. Car blanc et noir, dans l’unité de leur tonalité respective, paraissent infiniment proches de nous, au sens spatial de la chose; mais à la fois possédant une profondeur sans fin, de par l’absence de repère en leur sein, offrant la possibilité d’esquisser une évaluation de la distance de cette profondeur possible. Cependant ces formes parfaites, sont à leur tour emprises dans les limites de la régularité du tableau. Et grâce aux couleurs définissant les limites, et donc la forme des représentations présentes sur la toile, une théorie de l’espace apparait à nouveau, dans un une approche plus transcendantale. La division des composantes de l’œuvre, permise grâce aux couleurs, va permettre à ma conscience d’espacer les formes l’une de l’autre, et dans un jeu d’opposition entre elles, créer de l’espace, sur un fond constitué par la toile, qui en tant que tel est l’espace premier de l’œuvre.
    Cette représentation est aussi transcendantale, de par sa façon même de représenter les éléments de l’œuvre. Dans le monde que l’œil perçoit, les choses influent l’une sur l’autre. Ainsi, par exemple un individu face à un mur, pourra par l’ombre qui émane de son corps, influer sur la vision que j’ai de ce mur. Et de la sorte tous les objets du monde qui s’offrent à mes yeux, peuvent influer sur la perception que je peux avoir d’elle. Mais justement dans la rigueur mathématique, de la partie que nous étudions, aucune partie ne déborde sur l’autre; toutes semblent exister pour elles-mêmes, dans la mesure où malgré la cohabitation dans un même espace, elles restent dans leur représentation pure.
    Il est temps maintenant de passer au tiers restant de l’œuvre. Si on part de l’approche du paragraphe précédent, les deux couleurs semble se chevaucher l’une l’autre, sans arriver à se définir comme entité précise et nette. En somme cette zone du tableau, est comparable à la vision que l’homme à du monde; car à la surface de ce lieu, la relation bichromique entre noir et blanc, est une relation d’interinfluance, comme l’est celle des objets du monde. De plus dans cet échange, se crée une spatialité qu’on pourrait dire du vécu. Cette interpénétration des couleurs, perçut dans un mode aculturel et non sublimé par l’entendement, qu’on peut présenter comme un chevauchement permanent, reflet la perception que l’homme à des choses dans l’espace. Mais la pureté de cette perception de l’espace proprement humain, cette intuition, va être déformée par toutes les déformations culturelles que l’entendement peut subir.
    Au titre de ces déformations le langage est le plus fort. Le langage va poser des étiquettes sur les choses du réel; étiquettes qui vont garder sous elles le ou les caractéristiques les plus distinctives d’un objet de conscience. En somme le langage et les mots le constituant, conceptualisent les choses proches sous la même entité. Par exemple deux pierres seront appelées sous le même mot “pierre”, malgré qu’elles n’aient pas la même taille, couleur, forme etc. Ainsi le langage supprime l’individualité, les caractéristiques uniques d’une chose, pour pouvoir la rapprocher d’une chose qui lui est quasi similaire. De plus le langage, en offrant la possibilité d’associer plusieurs choses ensemble, va être générateur de la pensé, en ce sens qu’il va permettre de faire la synthèse des perceptions.
    En conséquence si on prend l’œuvre en son ensemble, on peut dire que la partie tout à droite, est la représentation de l’intuition, de la vision du monde, par l’homme depuis le point de vue du son œil, dans les jeux d’interinfluance de l’espace. Tandis que la partie à gauche est la mise en pensée, la conceptualisation, qui a épuré la partie de droite. En somme si on regarde l’œuvre de gauche à droite on effectue un cheminement de la transcendance du monde, vers l’en-deçà de celui ci; et inversement dans l’autre sens de lecture.

«Simplicité de forme ne signifie pas nécessairement simplicité de l’expérience.»

    Ce Twelfth Station de Barnett Newman correspond bien à cette phrase de Robert Morris. Quoi de plus simple que ces deux aplats rectangulaires de noir, ces deux lignes verticales blanches, et à droite, cette parcelle de noir irrégulière qui tranche avec la rigueur quasi mathématique énoncée au début ? Mais n’allons pas trop vite! et regardons le tout d’un peu plus près.

    D’abord on va s’intéresser aux composantes géométriques -soit les deux rectangles noirs et les deux lignes blanches- qui représentent les deux tiers gauche du tableau. Cet ensemble est si l’on veut la partie théorique, dans la mesure où il est perfectionné par l’abstraction (entendu comme simplification) mathématique, géométrique. Ainsi ces formes que nous étudions sont purs phénomènes culturels; car en tant que tel il n’existe pas dans la nature aculturelle du monde, de ligne, de rectangle, de carré etc … définit comme parfait. Ce phénomène de forme parfaite est propre à l’homme. De plus les couleurs ici utilisées ne sont pas anodines. Dans les représentations les plus courantes, le noir et le blanc sont considérés comme les couleurs les plus antithétiques, car le premier est pensé comme l’absence de couleur totale, de par le fait qu’il les absorbe toutes; tandis que le deuxième apparait comme la prémisse de toute couleur, comme si toutes venaient se poser sur lui. En somme le blanc est le début, l’alpha de toute couleur, et le noir est la fin, l’omega de chacune d’entre-elles.

    Par ailleurs les formes sont représentées, dans un mode beaucoup plus fondamental que celui que crée l’œil humain. Les sens de l’homme, sont un ensemble inhérent à son être, formant un système, qui a pour but d’amener vers sa conscience des données sensibles, au travers de la perception de celle-ci. De plus une perception est toujours perception de quelque chose, c’est l’intentionnalité comme dirait Husserl. Ainsi l’œil, grâce à la vue, va devenir l’intermédiaire entre ma conscience et le monde visible qui m’est extérieur, mais que je vais intérioriser suite à la perception de celui-ci. Mais la réalité propre de la perception humain du monde est atypique, de par le fait que mon intermédiaire -l’œil- entre lui et ma conscience est compris en lui. C’est l’œil qui va se déplacer, et va permettre à ma conscience de diviser le tout du monde, pour le reconstruire comme un tout fait d’objets distincts et donc de créer l’espace, à partir du point de référence que mon Moi, en se rendant compte de sa place en lui, constitue. En somme, j’ai la perception des trois dimensions de l’espace -hauteur, largeur, profondeur-, au travers de l’œil qui l’offre à ma conscience. Mais la profondeur, sans point de vue, repère spatiale depuis le-quel on regarde, n’existe pas. De plus, si il n’y a pas de profondeur, hauteur et largeur sont inexistants. Du coup l’espace indépendamment de l’homme n’existe pas. Par exemple un cube que je perçois de biais face à moi, est dans l’espace de mon intentionnalité de biais, mais réellement, il est dans la totalité de son être dans le tout du monde, et non dans un mode de la perception.

    Mais justement la représentation des formes géométriques, sur l’aplat de la partie du tableau que nous étudions, nous force à avoir un regard absent d’espace tridimensionnel -donc proprement humain-, dans la mesure où aucune perspective n’est palpable. Car blanc et noir, dans l’unité de leur tonalité respective, paraissent infiniment proches de nous, au sens spatial de la chose; mais à la fois possédant une profondeur sans fin, de par l’absence de repère en leur sein, offrant la possibilité d’esquisser une évaluation de la distance de cette profondeur possible. Cependant ces formes parfaites, sont à leur tour emprises dans les limites de la régularité du tableau. Et grâce aux couleurs définissant les limites, et donc la forme des représentations présentes sur la toile, une théorie de l’espace apparait à nouveau, dans un une approche plus transcendantale. La division des composantes de l’œuvre, permise grâce aux couleurs, va permettre à ma conscience d’espacer les formes l’une de l’autre, et dans un jeu d’opposition entre elles, créer de l’espace, sur un fond constitué par la toile, qui en tant que tel est l’espace premier de l’œuvre.

    Cette représentation est aussi transcendantale, de par sa façon même de représenter les éléments de l’œuvre. Dans le monde que l’œil perçoit, les choses influent l’une sur l’autre. Ainsi, par exemple un individu face à un mur, pourra par l’ombre qui émane de son corps, influer sur la vision que j’ai de ce mur. Et de la sorte tous les objets du monde qui s’offrent à mes yeux, peuvent influer sur la perception que je peux avoir d’elle. Mais justement dans la rigueur mathématique, de la partie que nous étudions, aucune partie ne déborde sur l’autre; toutes semblent exister pour elles-mêmes, dans la mesure où malgré la cohabitation dans un même espace, elles restent dans leur représentation pure.

    Il est temps maintenant de passer au tiers restant de l’œuvre. Si on part de l’approche du paragraphe précédent, les deux couleurs semble se chevaucher l’une l’autre, sans arriver à se définir comme entité précise et nette. En somme cette zone du tableau, est comparable à la vision que l’homme à du monde; car à la surface de ce lieu, la relation bichromique entre noir et blanc, est une relation d’interinfluance, comme l’est celle des objets du monde. De plus dans cet échange, se crée une spatialité qu’on pourrait dire du vécu. Cette interpénétration des couleurs, perçut dans un mode aculturel et non sublimé par l’entendement, qu’on peut présenter comme un chevauchement permanent, reflet la perception que l’homme à des choses dans l’espace. Mais la pureté de cette perception de l’espace proprement humain, cette intuition, va être déformée par toutes les déformations culturelles que l’entendement peut subir.

    Au titre de ces déformations le langage est le plus fort. Le langage va poser des étiquettes sur les choses du réel; étiquettes qui vont garder sous elles le ou les caractéristiques les plus distinctives d’un objet de conscience. En somme le langage et les mots le constituant, conceptualisent les choses proches sous la même entité. Par exemple deux pierres seront appelées sous le même mot “pierre”, malgré qu’elles n’aient pas la même taille, couleur, forme etc. Ainsi le langage supprime l’individualité, les caractéristiques uniques d’une chose, pour pouvoir la rapprocher d’une chose qui lui est quasi similaire. De plus le langage, en offrant la possibilité d’associer plusieurs choses ensemble, va être générateur de la pensé, en ce sens qu’il va permettre de faire la synthèse des perceptions.

    En conséquence si on prend l’œuvre en son ensemble, on peut dire que la partie tout à droite, est la représentation de l’intuition, de la vision du monde, par l’homme depuis le point de vue du son œil, dans les jeux d’interinfluance de l’espace. Tandis que la partie à gauche est la mise en pensée, la conceptualisation, qui a épuré la partie de droite. En somme si on regarde l’œuvre de gauche à droite on effectue un cheminement de la transcendance du monde, vers l’en-deçà de celui ci; et inversement dans l’autre sens de lecture.

2:32 am, by durecommelabanalite
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